Djako Niakate

En janvier 2010, j’ai interviewé certains des grévistes d’Adec sur leur parcours. J’ai ainsi recueilli le témoignage de Djako Niakate, un ouvrier malien d’une trentaine d’années arrivé en France en octobre 1998.

Ce dernier a commencé l’entretien par évoquer  les conditions de son départ du Mali.

Djako raconte les conditions de travail au sein de la société Adec. Son employeur sait qu’il n’a pas de papiers en règle, mais refuse de l’aider à obtenir sa régularisation en préfecture en réalisant les démarches nécessaires. S’étant formé au fil des années, Djako est devenu un bon ouvrier capable d’occuper toutes sortes de postes qualifiés. Pourtant son contrat est toujours celui d’un main d’oeuvre, et depuis dix ans il est payé au Smic.

Il  nous parle ensuite d’un chantier spécifique : la rénovation de la Tour Axa à la Défense (chantier de la Tour First), dont nous avons filmé l’occupation coup de poing en novembre 2009 par ses camarades. Il évoque des conditions de travail très rudes, notamment en hiver, car aucune combinaison de protection contre les intempéries ne leur est remis.

Un travailleur sans-papiers, surtout intérimaire, est rarement déclaré par son employeur auprès d’un médecin après un accident . Djako en a fait l’amère expérience sur un chantier. Sa cheville ne s’en est toujours pas remis. Il relate l’accident :

L’épreuve la plus difficile est l’exil. Sans papiers, il est impossible de rentrer au pays visiter  les siens, sous peine sinon de ne jamais revenir. Djako a ainsi perdu ses deux parents sans pouvoir leur dire adieu.

Et si demain tu avais des papiers, lui-ai je demandé? Voici sa réponse :

Propos recueillis par Cyrielle Blaire, janvier 2010.