M. Doukouré

Ouvrier des usines Renault hier, intérimaire sans-papiers piégé en France aujourd’hui, un vieil africain conduit la lutte d’un groupe d’hommes surexploités dans le bâtiment faute de titres de séjour.

Je n’aurais jamais cru que cela m’arriverait à moi, être sans-papiers

Note : Un an après la fin de la grève, N’Faly Doukouré a finalement été régularisé au titre de « vie privée vie familiale ».

entretien

Interviewé en octobre 2009 puis en janvier 2010 sur le chantier qu’il occupe rue Lapeyrouse, Mr Doukouré nous parle tout d’abord de son parcours de migrant, le vieil homme ayant connu la France des années 70 puis des années 2000 (Note : jusqu’au milieu des années 70, il suffisait de justifier d’un emploi et de payer une redevance à Office nationale des migrations pour être en règle) :

Pourquoi revenir en 2003 après des années passées au  Mali où il exerce le métier d’agriculteur? Un drame familial lui a fait reprendre le chemin de l’exil explique-t-il :

Il évoque les conditions de travail très dures sur les chantiers. Les ouvriers sans papiers seraient-ils plus exposés que d’autres?

N’Faly Doukouré a bien connu la France dans sa jeunesse. Il ne se serait jamais douté se retrouver sans papiers et sans droits sur le territoire français. Avec ses mots, il exprime les sentiments que suscitent cette situation.

Et demain, si vous êtes régularisé, que ressentirez vous lui ai-je demandé?

Propos recueillis par Cyrielle Blaire en octobre 2009 et janvier 2010.

POUR ALLER PLUS LOIN

Des sans-papiers chez Bouygues : l’histoire de ce groupe d’ouvriers sans-papiers et de la grève qu’ils ont menée en 2009-2010.